OPERATION CHEESESTORM

OPERATION

CHEESESTORM

«Je vois ici l’occasion pour toi de vaincre tes peurs Balloo…»
Maitre Alois | Ceinture Miel | Chapitre I

MANI D. BÄDLE

UN LIVRE DE

MANI D. BÄDLE

Laissez-vous tenter par son premier roman et retrouvez l'auteur sur les réseaux sociaux.

6200

fans sur Facebook

335

pages de «swissitude»

700

jours de travail

1400

tasses de café (si, si!)

Extraits

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Dans une Confédération alternative, la Swisse, où se côtoient humains, animaux mais aussi de nombreux représentants du «troisième genre», une curieuse épidémie de terrorisme embrase le pays. Mais la vague d’explosions de caquelons qui répand la terreur dans tous les cantons n’est-elle pas qu’un simple rideau de fumée, prélude à un avenir infiniment plus préoccupant? Trois enfants pas tout à fait comme les autres, se retrouvent en possession d’un mystérieux message gravé dans un fragment de poêlon pour fondue. Accompagnés de leur père adoptif, un ex cadre de banque désillusionné et prétendant encore travailler, ils sont embarqués dans une aventure qui les mènera au bout du monde et les fera grandir et changer leurs vies à jamais. En voici quelques extraits!

Personnages

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Balloo est l’un des héros du récit. Doué de vie et de parole comme les autres représentants du «troisième genre» de l’histoire, il se croit courageux, mais il est en proie aux incertitudes de l’adolescence et à des envies de miel patentes. Un peu tyranneau avec ses deux jeunes frères, il est aussi peureux et irrespectueux, mais doté d’un humour assez tranchant qui fait souvent mouche. Il se retrouve embarqué malgré lui ou peut-être pas, avec ses deux frères dans une aventure, qui, on l’espère, le fera changer un peu, et pour le meilleur.

Zébri est son cadet. Plus posé, mais intelligent lui aussi, il sait comment faire le lien entre son aîné et leur plus jeune frère. Féru de musique électronique, à laquelle il voudrait consacrer sa carrière plus tard, Zébri fréquente lui aussi tout comme eux la même école multilingue, dans la banlieue zuriquoise. Il aime aussi regarder les photos des starlettes légèrement vêtues dans la presse de caniveau qu’il trouve dans les transports en commun. Saura-t-il ne pas ignorer de précieux indices au passage?

Touki est le benjamin et le plus émotionnel des trois, mais moins grincheux que Balloo quand même. D’un look tendance rasta multicolore, il est un peu le faire-valoir de l’aîné, car il maîtrise mal le français, mais lui, il peut voler! Malgré cela, son empathie naturelle ne risquera-t-elle pas de faire sombrer les héros? Quoi qu’il en soit, c’est aussi un compagnon d’aventure indispensable qui sait parfois faire preuve de surprenantes ressources malgré son vocabulaire encore limité.

Hans-Pierre est plutôt l’antihéros principal, et accessoirement, leur père. Si, si, vraiment! Amateur de varappe, de squash et d’observation ornithologique à ses heures, l’ex-banquier est aussi sans emploi depuis quelques mois. Il a préféré n’en rien dire à ses proches pourtant et la supercherie tient toujours grâce aux nombreux stratagèmes qu’il a minutieusement su mettre en place. À cinq années seulement du cap du demi-siècle, il est dubitatif quant à son avenir, mais la technologie dont il s’est entouré est un outil précieux, quoique surtout pour d’autres en fait.

Quant à Sigrid, leur mère et la quarantaine juste passée, elle ne se doute de rien, mais pour combien de temps encore? C’est une travailleuse, digne de confiance, et malgré les apparences peut-être aussi un peu moins swisse heureusement que son mari mi-faffenzellois mi-bourrassien de langue française qui recycle les bouchons de bouteilles de vin. Plus proche des enfants que lui, elle comprend aussi mieux leur mode de vie fait de réseaux sociaux, de rentrées scolaires et de camaraderie pas toujours sincère. Ses parents, d’origines étrangères, mais bien implantés depuis longtemps dans la Confédération, savent accueillir les héros fatigués et garder leurs pérégrinations sous silence, sans parfois le réaliser eux-mêmes.

Wouter est non seulement le meilleur ami du père des enfants, et du même âge que celui-ci, mais aussi son seul complice depuis le début de ses ennuis. Hans-Pierre peut d’ailleurs compter sur lui pour le motiver et le sortir un peu, quelles qu’en soient les conséquences. Wouter est Hollandais de souche et les efforts qu’il déploie pour battre son vieux comparse au squash n’ont d’égal que sa passion inlassable pour les économies.

Ahmet et Alexander sont quelques-uns des compagnons d’infortune du père de famille avec lesquels il participe à des activités collectives censées l’aider à retrouver un emploi. N’en perdra-t-il pas plutôt tout espoir?

Luigi est un «geek», un plus vrai que nature, grand, boutonneux, maigre comme une haridelle et myope comme une taupe. Passionné d’informatique et de modifications douteuses, ce camarade de classe de Touki est aussi source d’informations pertinentes, mais à quel prix! Quant au père de Luigi, il a fait fortune dans la crème glacée de luxe et possède une fabrique qu’il a revendue à un grand groupe, qu’il livre toujours d’ailleurs.

Maitre Alois, est-ce bien son vrai nom, est professeur d’arts martiaux. Il enseigne le jiu-jitsu à Balloo, Zébri, leur père et quelques autres «Sanbudokas» dont Kareen, Bairnoise tatouée à l’accent incompréhensible pour certains et Res, chasseur à mi-temps de petits animaux pour la restauration. D’origines asiatiques, les antécédents du maitre comme son âge sont inconnus, d’autant plus qu’il est chauve, ou peut-être se rase-t-il les cheveux? Empreints de philosophie, ses propos peu nombreux sont un enseignement permanent, même pour Balloo.

Stella la (très) jolie chocolatista est la meilleure amie des enfants. Amatrice d’ésotérisme à ses heures perdues, elle habite une bâtisse ancestrale en banlieue de Zurique, mais travaille dans une chaine de débit de boissons «Lifestyle» près de la gare de Stadelbrunnen dans la journée. C’est la reine du «latte» et ses compositions en font la coqueluche des étudiants, mais que peut-elle bien cacher derrière son charme et son physique dévastateurs, entièrement naturels?

Numéro Onze et Numéro Douze, aussi discrets que sournois, sont quelques-uns des funestes adversaires rencontrés par les héros. Particulièrement dangereux, les jumeaux partagent eux aussi une passion pour les sports de combat et, bien que de sexe opposé, portent tous les deux une tresse, y compris durant leurs activités de manutention nocturnes.

Azhamma est gardienne de nuit avec ses deux «mignons». Une «troisième genre» elle aussi, mais avec une différence, car, toute de cuir vêtue, elle traîne ses hauts talons depuis longtemps dans ce monde. Très entreprenante, elle porte aussi un ustensile particulièrement efficace qu’elle réserve pour ses deux compagnons dont l’un souffre d’une curieuse affection.

Blérim et Izmir sont deux sympathiques manutentionnaires, avec une passion pour le sport de balle et les plats bien épicés à consommer tard le soir. Mais leur découverte fortuite va-t-elle faire échouer les garçons dans leur quête de la vérité?

Cora et son partenaire sont tous deux militants, mais c’est surtout l’un d’entre eux qui témoigne de goûts vestimentaires des plus aventureux. Ils rêvent de refaire le monde et donner naissance à une société nouvelle dans laquelle développement durable rimerait avec cultures… discutables.

Eusebio Machiaviello est responsable de l’école des enfants. En proie à des démangeaisons corporelles fréquentes, le directeur ne reculera devant rien pour faire prospérer son établissement, car il a étudié le marketing et s’est spécialisé dans le parrainage et la collecte de fonds avant de se recycler dans l’enseignement. Ses employés, dont madame Dard, la professeure de français parée de verroteries de goût sujet à caution et avec qui Touki semble bien s’entendre, s’en font le chantre, mais l’Éducation Confédérale a-t-elle besoin de pareils représentants?

C’est dans un havre de paix idyllique et chargé d’histoire que l’on rencontre Ken. Entouré de mille plantes aux effluves envoutantes et de statues décoratives mystérieuses, n’est-il vraiment que le simple va-nu-pieds mélomane qui se présente à eux? Et que signifient donc ces tatouages qu’arborent ses avant-bras?

Sharon est la directrice de la société Phlégéthas, la très discrète organisation qui dit-on serait liée à la présence, voire à l’existence, de certains personnages de l’aventure, et dont personne ne semble vouloir dans son voisinage.

Ling Ling, un troisième genre encore, ressasse son amertume et sa nostalgie à longueur de journée. Va-t-il mal tourner et provoquer la perte de l’un des héros ou reste-t-il encore quelque espoir pour lui? Hélas, il lui est tellement difficile de résister à la promesse de sa friandise favorite…

Qui se cache enfin derrière le personnage du mystérieux Grand Méchant de notre histoire? À quelle fin maléfique a-t-il engagé monsieur Wang et tous ces hommes de main qui débarquent soudain dans la Confédération? Et pourquoi en veut-il tellement à celle-ci? Son talent pour les prestations médiatiques théâtrales et la dramatisation mégalomane est indéniable malgré une diction quelque peu imparfaite en français. Il semble aussi exprimer de l’intérêt pour les créatures de compagnie issues d’une ménagerie au moins aussi exotique que Touki, mais infiniment plus dangereuse…

Prologue

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Balloo est un ourson en peluche bilingue, au moins en français, et peut-être même en anglais. Du moins, il aimerait le croire. Son swisse bavaroisien laisse encore à désirer et il a surtout du mal avec le dialecte du Wahalais et le bairnois dont la langueur lui donne beaucoup de difficulté. Il baragouine aussi un peu en italien, mais surtout en ajoutant des «o» et des «a» à la fin des mots. Quant à son anglais, il le tirera toujours d’affaire, quoiqu’influencé par les films américains à grand spectacle dont il est friand. Le dernier en date, le troisième volet de La Guerre des Planètes, a laissé sur lui des traces indélébiles «semi-permanentes», et il s’est mis à la lévitation, pour le moment en tout cas et jusqu’au prochain film, et encore, ça ne marche pas tout le temps… Alors il se prend pour et parle comme «Dark Balloo», mais il est quand même du bon côté de la Force. Il mélange un peu les choses quand et comme bon lui semble, avec une logique pour le moins difficile à appréhender pour qui ne vit pas avec lui.

Même pour ceux-là d’ailleurs, mais la cohabitation se passe quand même bien avec Zébri, Touki, et les autres. Beaucoup d’autres en théorie, mais ceux-là, on les réservera peut-être pour d’autres histoires. Pour l’instant en tout cas on se concentrera sur Zébri, qui est le plus âgé après Balloo. Ces deux-là sont inséparables même si le petit zèbre a une véritable passion pour la musique électronique, que déteste absolument son aîné, à une exception près. Zébri aimerait bien faire carrière comme disc-jockey plus tard, mais il n’a encore rien révélé de ses intentions, car il a peur d’être incompris. Et puis, ce serait une première dans la famille et son père comme sa mère viennent de milieux plutôt conservateurs.

On s’attardera enfin sur Touki, un volatile multicolore vaguement piciforme et au français encore approximatif, et qui ne fait partie de la famille que depuis quelques mois. Touki parle d’ailleurs un peu comme Froda, dans La Guerre des Planètes, mais il est toujours prêt à rendre service et son grand frère lui fait d’ailleurs souvent appel. Quoiqu’astucieux, Balloo a du mal à atteindre les plus hauts rayons du placard où les membres de la famille chez laquelle il réside conservent les pots de miel destinés au petit-déjeuner.

Car Balloo, même dans son corps apparemment fait de mousse et de pièces cousues les unes aux autres — sans qu’on en voie pourtant trop les détails, sa conception est swisse après tout — n’en reste pas moins profondément plantigrade. Ses tendres sentiments envers le nectar d’abeilles n’ont d’égal que l’ingéniosité dont il fait preuve pour arriver à ses «faims», pas toujours louables. Sa préférence va au miel blanc canadien de Clever Crust que son «papa» trouve chez Majestic, l’un des grands centres commerciaux du pays. Sa «maman» refuse pourtant souvent d’y mettre les pieds de plein gré parce que Choisino, une autre chaine de supermarchés très populaires en Swisse, correspond plus à sa personnalité…

La famille habite sur la Côte d’Argent, une banlieue cossue des environs de Zurique, dans un appartement gigantesque, vu la taille de certains de ses occupants. Balloo est pourtant fier de ses quatre-vingt-neuf centimètres et demi qui s’étendent du bout de son proéminent appendice olfactif jusque tout au bout des appendices qu’il prend souvent à son cou durant les flagrants délits dans lesquels il ne manque que rarement d’être pris.

Ses pérégrinations sont normalement diurnes, mais le vide persistant — et retentissant — de son estomac cette soirée fatidique ne le permit pas. Balloo n’hiberne que rarement très longtemps, car ses parents ont le chauffage au sol et son estomac finit toujours par prendre le dessus. Et justement ce soir-là, il aurait bien mangé un peu de miel blanc avant d’aller hiberner à nouveau.

Touki ne dit pas non.

À pattes et ailes de velours, tous deux prirent la direction du placard de la cuisine…

#

La table était dressée depuis une bonne heure déjà.

Rien de bien étonnant à vrai dire chez une digne et respectable famille swisse, dont le responsable coupait systématiquement le contact à l’arrivée à chaque feu rouge.

Et recyclait aussi les bouchons de bouteilles de vin.

On y cultivait les bonnes manières et l’art de recevoir et en conséquence, l’ambiance était au beau fixe parmi les deux couples présents. Au-dehors pourtant, comme l’avait annoncé la «fée des prévisions météo» aux cheveux couleur de miel des montagnes, de la neige drue tombait à gros flocons en ce crépuscule de début d’année. Malgré les réveillons encore bien présents dans les mémoires et les parties charnues de certains des convives, comme en avait témoigné le pèse-personne familial le matin même, tous se réjouissaient du nouvel ouragan calorique à venir. Sa source en ébullition reposait pour le moment sur la plaque en céramique Tsug de dernière génération qui remplissait ses utilisateurs actuels de fierté.

Précis jusqu’à l’excès, les Swisses faisaient rarement les choses à moitié, sauf la fondue peut-être. Et justement, celle qui présageait à grosses bulles, mais contrôlées, des maux de ventre du lendemain, moins contrôlés ceux-là, n’attendait que d’être transférée dans son caquelon haut de gamme en fonte des Galeries Mondaines qui trônait au centre de la table.

Le maitre des lieux s’affairait aux derniers préparatifs.

Il déposa le paprika, la noix muscade ainsi que du kirsch du canton de Zoug de la meilleure maison sur la longue table Exterio en verre fumé. Le pain blanc ne restait plus qu’à être installé entre le lourd caquelon et la prometteuse bouteille d’Abîme sélectionnée pour l’occasion.

Le précieux assemblage Vacherin/Gruyère «Florilège Choisino» fut enfin prêt en décida la maitresse des lieux. On le transféra ensuite avec d’infinies précautions dans son avant-dernière demeure autour de laquelle le couple et ses deux amis s’attablèrent.

Le chef de famille régla le feu crépitant sous le lourd récipient. Il présenta ensuite aux invités le pain blanc préalablement et minutieusement coupé en brunoise, mais en plus volumineux carrés réguliers de deux centimètres de côté. Encore imprégnés d’effluves d’ail, ses doigts firent frémir les narines présentes au passage. Les verres furent remplis enfin, sans éclaboussures ni pertes d’aucune goutte du gouleyant breuvage grâce au «Drop-Stop Schnur» acheté le jour même.

Le festin pouvait commencer.

Les fourchettes se ruèrent sur les premiers morceaux que l’on immergea ensuite à l’unisson dans le caquelon.

Comme au cours d’un meilleur ralenti au cinéma, le temps sembla suspendre son vol. Le tintement des verres perdura et les toasts échangés se perdirent dans les craquèlements successifs du caquelon. Il explosa soudain, envoyant son précieux contenu aux quatre coins de la salle à manger devant les regards médusés des convives, pour ceux qui pouvaient encore voir…

La scène ne fut cependant pas perdue pour tout le monde.

#

Balloo s’imagina aussitôt avoir déclenché un piège. Penaud, il reprit du courage, mais pas beaucoup, et constata qu’il était toujours en un morceau.

Son regard balaya les environs. Il se trouvait toujours dans le placard et, chose plus importante, le fruit de ses pérégrinations de début de soirée était encore de ce monde. Touki aussi à l’évidence et les deux compères se regardèrent malgré l’obscurité. Ils avaient pourtant bien entendu comme une déflagration.

— Balloo, Balloo, bruit dehors venir! lui adressa son frère dans son français rudimentaire de chez Hans Karl Schneider, le magasin de jouets dont il était originaire.

Balloo entrouvrit la porte du placard.

Un véritable carnage, laitier et olfactif essentiellement, provenait de la table voisine. Il s’était étendu jusqu’aux murs immédiatement adjacents, dont le plantigrade ne put reconnaître la couleur. Plusieurs des convives étaient encore couverts de fromage fondu de la même nouvelle nuance et des fragments de caquelons étaient éparpillés sur le sol.

L’un d’entre eux avait atterri au pied du placard.

Intrigué, Balloo se pencha discrètement depuis son rayon, et s’en saisit d’un geste rapide.
Beaucoup de «créatures» semblables existaient en Swisse et de par ce monde, et depuis bien longtemps. Elles partageaient la vie des êtres humains pour la plupart. Certaines restaient entre elles pourtant, en communauté. Ou parfois toutes seules aussi après s’être rendu compte de leur «éveil», et du reste. Touki par exemple était devenu conscient bien après son arrivée dans la famille.

Il était régulièrement fait grand bruit du «troisième genre» dans la presse. Certains mauvais représentants de cette dernière en avaient surnommé les membres les «tertios». Monsieur Tout-le-Monde ne savait pas vraiment d’où ces créatures venaient et de folles rumeurs couraient à leur sujet. On avançait même qu’elles étaient peut-être des personnes véritables, parvenues dans ce monde sous une forme moins aboutie sans trop savoir pourquoi ni pour autant se souvenir de quoi que ce soit ayant pu justifier un pareil sort. Elles arrivaient toujours jeunes et partageaient aussi toutes un autre trait commun, en ce qu’elles héritaient de certaines caractéristiques de l’animal dont elles possédaient le corps et la force, qui ne semblaient pas vraiment changer avec le temps pourtant.

La famille de Balloo, qui n’avait pas encore d’enfants, s’était un jour enregistrée, moyennant support financier, auprès de l’une des organisations responsables afin de témoigner de leur volonté de devenir «famille porteuse» et de recevoir quelques créatures…

Malgré la publicité négative relayée par certains médias, et plutôt surtout vis-à-vis des organismes impliqués dans la procédure que des créatures en elles-mêmes, la cohabitation se passait en général très bien. Elle en était presque naturelle et il n’était pas rare que ces êtres fussent considérés comme les enfants mêmes de la famille dans laquelle ils vivaient, d’où l’emploi courant de «maman» et «papa».

Pour simplifier les choses.

La Swisse, tout comme le monde qui l’entourait était parfaitement apte à les recevoir et tout y était prévu pour leurs dimensions, quelle que fût la durée de leur passage. Beaucoup de sociétés y voyaient d’ailleurs un vrai marché et des produits spécifiques, adaptés à leurs tailles diverses, étaient régulièrement lancés.

Mais il était aussi des personnes qui éprouvaient du mal à se faire à l’idée, et c’était parfois le cas dans ce pays où la multiplicité raciale n’était pas toujours la bienvenue dans certains cercles bien-pensants. C’était loin d’être un fait dans celui de nos héros en tout cas, multiculturel avec un chef de famille bilingue mi-Faffenzellois, mi-Bourrassien bairnois, mais de langue française et sa femme aux origines viennoises.

Balloo et Touki s’efforcèrent d’oublier les leurs et de se faire encore plus petits qu’ils n’étaient, pour écouter la conversation des grands.

— Tout le monde va bien? demanda le maitre de maison.
— Qu’a-t-il bien pu se passer? Un caquelon exclusif des Galeries Mondaines à deux cent quatre-vingt-neuf francs, c’est inadmissible! Aaach, et mes murs? rétorqua Sigrid, sa femme.
— Arrête avec tes murs et ton caquelon en édition limitée et aide-moi à m’occuper de Wouter! Déjà qu’il a eu du mal à digérer sa défaite au squash aujourd’hui, elles sont rares tu sais…
— Au moins, il n’aura pas à digérer ta fondue!
— Moi je voulais celle de Majestic, je te rappelle…
— Allez, tous, direction la salle de bains, et essayez de ne pas en mettre partout, j’ai tout lavé aujourd’hui!

Le reste fut perdu pour les deux complices qui ne pensèrent plus qu’à rejoindre leur camp de base situé dans le lit de leurs parents où leur présence passait normalement inaperçue.

Le moment était propice.

Touki et Balloo sautèrent de leur étagère et s’enfuirent à tire d’ailes pour l’un et de pattes pour l’autre. Ils traversèrent le couloir menant à la chambre pendant que les quatre adultes s’affairaient à se débarbouiller le moins salement possible. Haletant, l’ourson grimpa sur le lit suivi de son jeune frère, à la surprise de Zébri dont ils interrompirent les ronflements.

Un véritable conseil de guerre prit place quelques minutes plus tard.

— Et vos explications, c’est quoi? entama celui-ci, le réveil grincheux.
— C’est affreux! dit l’aîné avec une anxiété exagérée comme à son habitude.

C’était encore un autre trait de Balloo, qui aimait bien attirer l’attention de ceux qui l’entouraient.

— Allez raconte, demanda Zébri, lui aussi transfuge de Hans Karl Schneider, mais plutôt réaliste, à part son estomac proéminent.
— C’est affreux, martela Balloo, un attentat d’«Alcamofia» s’est encore produit ce soir et il aura fallu tout mon courage pour en réchapper avant que le placard s’écroule!
— Arrête ton char, Balloo! rétorqua Zébri, dis-nous tout!
— Euh, et ben, Touki, il avait faim…
— Mensonge pas vrai, mensonge gros comme Balloo, s’insurgea l’étonnant volatile.
— Alors, j’ai entendu par hasard et sans le vouloir que peut-être éventuellement il y aurait du miel dans le placard, bredouilla Balloo. Et il y en avait effectivement, mais papa et maman étaient là aussi. On s’est caché et on a entendu une grosse explosion! Et quand on a regardé, tous les murs avaient changé de couleur!
— Toi aussi d’ailleurs, t’es blanc comme un mur d’appartement à louer, dit encore Zébri avec un trait d’ironie dans la voix.
— Eh, c’est même pas vrai! Et d’ailleurs, qui s’est penché du placard en risquant la mort, hein, qui?
— T’étais juste mort de peur et de curiosité! reprit son frère, taquin.

Et Balloo sentant le vent tourner se rappela juste à ce moment de sa trouvaille. Il exhiba fièrement son bout de caquelon sous le regard médusé de ses frères.

— Et alors là on dit quoi?
— Balloo, c’est quoi? interrogea Zébri.
— Je crois que c’est peut-être un morceau de la bombe, figure-toi. Mais je sais pas vraiment encore, en tout cas ça sent bizarre. C’était juste devant le placard quand on est sorti.

Zébri s’approcha du fragment et le toucha du bout de ses jambes. C’était sa façon à lui de tester les choses. D’ailleurs, il ne manquait jamais de tremper ses sabots dans le premier contenant, ou contenu, nauséabond passant à portée, pour les faire ensuite sentir à qui le voulait bien. Encore imprégné de fromage, le morceau de caquelon lui sembla être une bonne occasion…

— Eh! Regardez, là, on dirait qu’il y a quelque chose d’écrit! claironna Zébri en retournant la trouvaille de son frère du bout du sabot.

La troupe se regroupa auprès du petit morceau et Balloo bomba le torse. À la surprise générale, d’étranges signes écrits en tout petit leur apparurent, et qui ressemblaient à peu près à cela: «拯救我們».

— Et ça veut dire quoi ça Touki? demanda Balloo. Pour moi, c’est du chinois! Mais que vient faire Alcamofia avec des Chinois?
— Toi devoir savoir, toi faire «san-mielo»!

Balloo était adepte des arts martiaux, tout comme Zébri, mais son jeune frère n’en était qu’à ses débuts dans la discipline. L’aîné lui était déjà «ceinture miel» en jiu-jitsu. Il s’entrainait deux soirs par semaine avec son père et Zébri dans le «sanbudo club» de l’autre côté du lac. Son kimono entièrement noir avait en vérité dû être fait sur mesure, mais Balloo n’en ressemblait quand même pas moins de par ses formes à une grosse mimolette quand il l’étrennait. Et justement, ses rondeurs l’aidaient pour certaines prises. Des techniques pour lesquelles il n’avait aucun mal à faire rouler ses adversaires par-dessus, c’est-à-dire quand ils n’étaient pas trop grands pour lui. Pour cette raison, il s’entrainait d’ailleurs surtout avec Zébri, qui, lui, n’était encore que ceinture blanche. Malgré deux examens précédents pour la suivante. Le petit zèbre aimait pourtant à plaisanter de ses ratages consécutifs. Il rappelait ainsi souvent à qui voulait l’entendre que toute autre couleur que l’actuelle aurait dépareillée avec son pelage.

Balloo se décida d’en apprendre un peu plus durant l’entrainement suivant…

#

Leurs convives prirent congé d’eux après avoir aidé à débarrasser les murs de leur nouveau crépi au lait des alpages. Certains membres de la famille se rassemblèrent alors pour un repos bien mérité sur le sofa, tandis que son seul élément féminin continua sa chasse aux gouttes d’eau récalcitrantes sur le évier en aluminium. Confortablement installés devant l’écran familial de cinquante-cinq pouces et demi, ils regardèrent les informations de fin de soirée sur Télé-Zuri.

Le présentateur leur sembla aussi éprouvé qu’un alpiniste en bout d’ascension du Cervin par la face nord. On venait justement d’en interpeller encore deux en Faffenzell ce jour-là après une nouvelle tentative d’approche du sommet du Säntis en nu intégral, une pratique dont on ne comptait plus les adeptes dans la Confédération. Mais ce fut surtout l’annonce d’une mystérieuse explosion de caquelons dans un petit restaurant de la région maussannoise qui retint toute leur attention.

Une charmante journaliste leur fit face et introduisit le sujet, avant de s’apprêter à questionner le tenancier de l’établissement, visiblement mal à l’aise. Des pompiers s’affairaient en arrière-plan et l’un d’eux, le plus jeune de tous, sauta soudain juste devant la caméra à la vue de celle-ci pour lui adresser un signe de la victoire.

«Mon chéri, je suis en train de travailler», rétorqua-t-elle en le propulsant sur une autre orbite hors de l’objectif.

— Sigrid, regarde ça! Encore une fondue qui a mal tourné!
— Tu vois bien que je suis occupée à nettoyer la cuisine. répondit l’épouse à son mari.
— Tu plaisantes, il est vingt-deux heures, laisse tomber tes torchons et vient voir ça, les gouttes restantes pourront attendre!

Le restaurateur, dépité, ne savait comment exprimer sa surprise au microphone tendu par la journaliste, qui s’exprimait dans un français très voisin de celui de Touki.

— C’est à n’y rien comprendre, Mademoiselle, c’est à n’y rien comprendre! dit-il avec son accent nasillard. Et pourtant je n’ai pas voté contre les minarets à l’époque! Regardez ça! dit-il en lui montrant le résultat du drame. Et voilà que mes caquelons tout neufs ils ont rendu l’âme! Et je vais perdre des clients avec tous ces évènements.
— Chérie, c’est fou cette histoire! reprit le chef de famille.
— Pa… papa, tu crois pas aux fantômes par hasard? dit Balloo d’une voix chevrotante et en tremblant plus que légèrement.
— Non, mais je trouve vraiment étonnant que des caquelons commencent à exploser en Swisse! Tout change ici, où va-t-on? conclut-il en faisant la moue. Allez, on a eu assez d’émotions pour ce soir, tout le monde au dodo!

#

Les jours qui suivirent virent un regain d’activité chez les enfants, pourtant habitués au farniente en période de vacances d’hiver et à la vie tranquille au bord du lac.
Balloo surtout demeura perturbé.

Il se sentit parfois comme devant un abîme d’inconnu. Un matin, la radio rapporta de nouveau un incident similaire, mais au Tessin cette fois-ci. Le fragment mystérieux en main, et Balloo ne s’en séparait pratiquement jamais, il promenait ses interrogations tout en arpentant les méandres de l’appartement dont le brillant des sols sembla ce faisant retrouver bientôt une nouvelle jeunesse. Sa mère s’en réjouissait, mais Hans-Pierre s’en inquiétait.

— Balloo, dis-moi, que fais-tu encore à marcher comme ça dans la maison? lui demanda-t-il.
— Euh, je, et alors, c’est l’hiver quoi, et il faut bien se dégourdir les pattes un peu! rétorqua son fils.
— Tu ne pourrais pas faire ça dehors plutôt?
— Maman elle m’a dit que quand je rentrerais, j’en mettrais plein partout avec la neige qu’il y a à l’extérieur.
— Oui, et mieux vaut ne pas la taquiner sur ce sujet entre nous, mais au fait, je croyais que tu devais hiberner à cette époque…
— Et ben, tu ronfles trop fort et tu prends toute la couette quand tu dors alors forcément moi j’ai froid et je dors pas!
— Quoi? Tu rigoles! Je crois que tu passes en fait trop de temps à jouer devant la télé et ça t’excite trop, voilà la vérité!

La famille était en possession d’une Impendo Shii, et depuis près de deux ans. La console n’avait pourtant jamais vu un autre jeu que celui livré d’origine, à part une simulation de repassage, gracieusement offerte par Sigrid aux éléments masculins de la maisonnée. Balloo ne touchait au premier que rarement pourtant, et encore moins au second. Jouer au tennis virtuel lui donnait le mal de tête aimait-il claironner plutôt que de devoir admettre être mauvais perdant face à son père contre lequel les victoires restaient rares effectivement. Il préférait s’enfoncer dans le pouf poire dans la chambre des invités pour y combattre tout seul des monstres dans Dragon Time 2 sur l’autre console, la ZBOX 350 que son père avait un jour reçue pour avoir gardé les chats de la voisine.

— Mais non, c’est pas vrai! Et d’abord je suis meilleur que toi, sauf à Repassage Master.
Son père éclata de rire.
— On verra ça la prochaine fois, mais maintenant je file faire des achats. Soyez prêts avec Zébri quand je rentre pour partir à l’entrainement!

Balloo ni même sa mère n’étaient dans la confidence, mais Hans-Pierre ne partit pas seulement pour des courses. Sans emploi depuis quelques mois déjà, il devait régulièrement aller pointer à l’Agence Locale de Réinsertion, le «bureau du chômage» du village voisin. Il y témoignait de sa recherche d’emploi, aussi couronnée de succès que l’était chaque changement d’horaires des chemins de fer. Dans un monde en perpétuel changement, la Swisse n’était plus ce qu’elle avait été, vraiment. Quant à l’ex-banquier, il n’était pas sans se poser des questions au sujet de son avenir et celui de sa famille nombreuse. Dans l’attente, il avait choisi de se réfugier dans un mutisme salvateur, et prétendait souvent télétravailler. De la maison, ou d’ailleurs. Muni de son ordinateur portable, Hans-Pierre faisait mine aussi parfois de partir au bureau le matin pour se rendre en fait en divers endroits, d’où il pouvait ensuite chercher une nouvelle activité. Souvent aussi, il se revêtait d’un costume pour se rendre à quelque entretien, pour rajouter à la vraisemblance. Les mois d’hiver n’avaient pas été particulièrement fructueux et avec l’arrivée de la crise qui allait déferler sur l’Europe, il ne pouvait plus compter trop souvent sur ce stratagème.

Flambant neufs, les locaux ultra-modernes du bureau de Steinen n’arrangeaient rien, et ajoutaient encore à la froideur de la saison. Leur design anguleux se reflétait aussi sur le visage taillé à la serpe de sa jeune et toute nouvelle conseillère après ses six premiers mois d’inactivité, qui lui rappela une boite à chaussures Armyboot. Il jura la voir le scruter dans l’espoir mal caché de le faire disparaitre de sa liste de gens à recaser.

Muni de sa tabelle d’activité dûment remplie, il essaya de rassurer son interlocutrice. Il s’agissait de la convaincre, dans l’espoir qu’elle ne lui propose pas de poste dans quelques resto fastfood ou centrale d’appels multilingue. La plupart de ses entretiens se soldaient pourtant par de sempiternels et laconiques «nous avons reçu des CV correspondant encore plus à notre profil idéal». Leur fréquence l’avait amené à se demander si tous les responsables des ressources humaines du pays n’avaient pas choisi de déléguer leurs réponses aux articles d’un seul et même vendeur d’oiseaux exotiques imitateurs. Il ne douta pas que le commerçant avait dû prendre sa retraite aux Bahamas depuis après avoir laissé des instructions à ses articles entretemps.
Hans-Pierre fut convainquant pourtant et soulagé de ne pas encore devoir envisager de se recycler dans un poste d’employé de malbouffe ou de ménagerie téléphonique. Avec une nonchalance feinte devant la caméra qui assurait la sécurité des lieux, il sortit des locaux de l’ALR et se dirigea vers le parking. Il pressa le bouton de la télécommande d’ouverture, mais son plip-plip habituel refusa de se faire entendre. Les aléas de la température du moment pensa-t-il.

Il ouvrit la porte en se servant de la clef et se glissa derrière le volant de cuir glacé, boucla sa ceinture et alluma le contact. La radio se mit en marche et se cala sur sa station favorite. C’était l’heure des informations. À sa grande surprise, une nouvelle explosion de caquelon était survenue. Au cours d’une nouvelle soirée fondue, au Ziger celle-là, l’étrange fromage local, dans un restaurant en terre glaronnaise. Aucun dégât n’avait été signalé, mais certains clients sous le choc avaient été placés en observation avec le propriétaire de l’établissement, à la réalisation des étonnantes vertus colorantes de l’ingrédient principal, dont les murs avaient fait les frais.

Il se remit à neiger, ce qui accentua les états d’âme du père de famille.

Et aussi la rêverie de Balloo, à quelques kilomètres de là…

Ceinture Miel

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Üglikon n’ était à la vérité qu’un village-dortoir, et mal ensoleillé. Et sans doute apprécié surtout de ses milliardaires russes qui y bénéficiaient d’un régime de taxe particulièrement indulgent. Construite en contrebas d’une autoroute bruyante et encombrée qui menait aux confins du pays, la bourgade pouvait quand même s’enorgueillir d’un gymnase ultra-moderne, érigé à prix d’or. Et c’était justement vers celui-ci que se dirigeaient Balloo et Zébri, installés tous deux sur l’unique siège pour passager de la Mozdu MX50. Spartiate, mais surtout économe, le petit cabriolet était devenu leur véhicule principal depuis l’immobilisation de la voiture familiale trop gourmande, dans l’attente de jours meilleurs. Comme seul confort, un dispositif électrique y maintenait leurs arrière-trains à une température plus clémente que celle de l’extérieur. Quant à leur père, assis au volant, il s’efforçait de faire bonne figure en sifflotant d’un air joyeux. Balloo se tourna vers lui.

— Euh, papa, tu crois que maitre Alois aurait un peu de temps à me consacrer après la leçon?
— Et bien pourquoi pas? De quoi veux-tu parler avec lui, tu te sens prêt pour la ceinture noire toi aussi?
— Ben, pas vraiment, et je voudrais en savoir plus sur les origines du san-mielo justement, car le maitre revient souvent sur la question pendant les examens, mentit Balloo du mieux possible.
— Sanbudo, Balloo, sanbudo, reprit Hans-Pierre. J’aurais pourtant cru qu’après tant d’années, tu les connaisses enfin les origines!
— En fait, c’est-à-dire que j’ai pas encore ton âge, mais j’ai quand même tendance à oublier les choses quand je suis en manque de miel…
— Ça m’étonnerait… Je viens de voir la dernière facture de ShopMe et il faudra bien que tu commandes moins à l’avenir. Je te rappelle que la crise menace et que tu devras apprendre à faire des économies!

Symbiose de plusieurs spécialités, le sanbudo était surtout basé sur une combinaison de jiu-jitsu japonais, le sport des samouraïs, et de karaté. Balloo en avait découvert l’existence par hasard quelques années plus tôt après s’être luxé le poignet lors un combat acharné avec un pot de miel à l’ouverture récalcitrante. Il s’était alors intéressé de plus près aux arts martiaux et avait décidé de ne plus se laisser battre à plate couture par sa friandise favorite, et surtout une «ceinture blanche» inexpérimentée.

La petite voiture traversa Frankenwil, la perle de «l’Oberer Zurisee», mais que tous les autochtones appelait «Franki». La cité médiévale était située sur la presqu’île qui séparait le lac de Zurique en deux parties nord et sud et n’avait rien perdu de son charme avec les années. De nombreuses ruelles pavées en sillonnaient toujours le centre, ponctuées de nombreux petits magasins au charme désuet qui proposaient toutes sortes de produits. Des kebabs trop relevés et pas toujours bien cuits y côtoyaient des montres de luxe pas toujours capables de garder trace du temps, et d’autres à l’utilité plutôt douteuse une fois achetés par les nombreux touristes à la saison venue.

Balloo aimait bien venir s’y relaxer pendant les vacances scolaires, ses lunettes de soleil trop grandes sur le museau, tout en sirotant un Sambucha Carpe Diem Classic avec du miel, sa boisson favorite. Assis sur l’une des chaises longues installées dès le début du printemps en face du port, il se délectait ainsi du passage régulier des bateaux. Des flots de passagers de tous les âges en émergeaient par vagues incessantes. Tous s’amassaient sur un ponton le long duquel étaient parqués de nombreuses embarcations et d’innombrables canards en quête de restants de nourriture. L’une d’entre elles, dont il avait oublié le nom, défrayait régulièrement la chronique régionale, perdant tour à tour des morceaux, ou sa flottabilité, ou les deux à la fois. Oui, la technologie swisse n’était à l’évidence plus ce qu’elle avait été, mais Frankenwil, elle, résistait encore et toujours aux assauts répétés du progrès et des visiteurs.

Un chemin serpentait aussi le long des remparts, tout autour du centre-ville, accentuant le côté pittoresque de la cité. Il menait au château en surplomb, transformé depuis en musée dont le restaurant n’attirait que les visiteurs mal renseignés. En été, la ville était l’hôte de nombreux festivals dont un particulièrement original dédié aux feux d’artifice. Les romantiques de la région et les équipes du monde entier s’y retrouvaient aux sons des «oh la belle rouge» pour le plus grand bonheur des vendeurs de glaces aux prix outranciers.

Pourtant, Frankenwil était aussi désertée qu’un concert de Jasmine Bünzli pour les moins de cinquante-cinq ans ce soir-là et la petite voiture continua son chemin sans encombre. Elle traversa le centre et la route sur le barrage, longeant le pont de bois reconstruit qui faisait la fierté des habitants. Et le bonheur des palmipèdes en quête d’aires de repos plus stable que les eaux du lac. Bifurquant sur la droite au passage du Palazzo Del Lago, un hôtel de luxe où de nombreux séminaires étaient organisés par les entreprises locales, la petite voiture laissa Frankenwil derrière elle et continua son trajet.

#

Celui d’Üglikon était de loin le plus petit des trois clubs de la région, mais c’était aussi le plus chaleureux, peut-être de par sa taille. Les visites parfois des membres d’autres clubs, y compris le plus grand de tous, celui de Bââhles, avec certains membres duquel Zébri en particulier avait su tresser de vrais liens, n’y avait rien changé. En conséquence, l’équipe aimait partager son temps et ses multiples courbatures avec Zoran, Res, Philipp, Karin, Alec, Pasqui, Hammer, Patrick, Afri et les autres qu’ils retrouvaient tous les mardis et jeudis. Une fois la voiture garée, la famille se dirigea vers les vestiaires où se trouvaient déjà quelques-uns des autres sanbudokas.

— «Grüzi mittenand», dit Balloo dans son créole alémanique approximatif.

Tous lui répondirent correctement sans se moquer de lui et à l’évidence, il avait fait de réels progrès dans la langue de Guillaume Tell et les deux frères comme leur père avaient su trouver leur place et vite devenir indispensables. Les enfants étaient pourtant restés les seuls de leur genre jusqu’à présent.

Après quelques échanges de courtoisies, Balloo enfila avec une fierté avouée son épais kimono noir Wasuru et l’entoura de sa ceinture couleur miel qu’il venait d’obtenir, non sans efforts ni sueur, le Noël précédent. Il se remémora quelques instants son examen, et motivé, se dirigea vers le niveau inférieur où se trouvait le dojo. Flanqué de son père et de Zébri, habillés eux aussi entièrement de noir, à l’exception de la ceinture, une blanche pour Zébri et une shodan-ho bicouleur avant la noire pour son père, Balloo se retrouva dans le hall jaune criard. Il descendit les escaliers et traversa le long couloir lui aussi couleur de ceinture pour débutant confirmé. Les voix du maitre et des juniors présents lui parvinrent de la salle d’entrainement située tout au bout.

Une première séance avait lieu avec eux le mardi que Zébri et Balloo avaient refusé de joindre malgré leur petitesse, en raison du niveau déjà élevé de ce dernier, et la nécessité d’un «uke», partenaire d’entrainement, de même taille. Faisant face au maitre, les jeunes sanbudokas s’alignèrent le moins bruyamment possible. Ils s’agenouillèrent ensuite pour le salut final, que Zébri maîtrisait encore mal, et que les genoux du père détestaient absolument, mais qui était l’un des moments favoris de Balloo.

Les juniors quittèrent le dojo, et les seniors, nus-pieds eux aussi, pénétrèrent à leur tour sur les épais tatamis de paille de riz bleu nuit après avoir salué la salle selon la coutume. Rangés par couleurs, avec Zébri d’un côté et le reste de sa famille éparpillée de l’autre parmi les dix participants ce soir-là, les seniors s’alignèrent enfin devant le vieux maitre après qu’Alois les ait tous salués un par un. À l’inverse des genoux de certains, le rituel bien huilé qu’était le salut final se voulait le contrepoint de celui marquant le début de l’entrainement, le «zazen» que les seniors s’apprêtaient maintenant à effectuer.

— Mokuso, hajime.

Tous s’agenouillèrent à l’unisson, joignirent leur main droite en creux sur la gauche pour fermer ensuite leurs yeux et se perdre dans leurs pensées respectives, en quête de concentration. Balloo en profita pour tenter de faire le vide dans son esprit et échoua lamentablement, excité à l’idée de partager sa découverte avec le vieux maitre.

— Mokuso, yame.

Le plantigrade ouvrit à nouveau les yeux, joignit ses deux pattes avants et se pencha museau au sol pour saluer le maitre en murmurant «oss».

— Kiritsu.

Les élèves se redressèrent au garde-à-vous, telle une armée bien rodée.

L’entrainement commençait toujours par un échauffement assez long durant lequel les participants devaient tour à tour courir autour de la salle et sauter tout en exerçant épaules, bras et jambes. Le tempo était déjà élevé ce soir-là et le maitre n’allait visiblement pas épargner ses élèves, au grand découragement de Zébri, et de son père, qui transpiraient déjà. Les multiples étirements progressifs qui s’ensuivirent n’arrangèrent rien et, la langue pendante, tous deux se résignèrent non sans bâillements à l’exercice suivant qui consistait à pratiquer toutes sortes de chutes. Frontales, latérales, périlleuses — les plus difficiles de toutes —, elles étaient l’occasion de pirouettes fracassantes, tonitruantes et souvent spectaculaires de la part des élèves plus enveloppés. Heureusement, c’était là pour certains aussi l’opportunité de récupérer un peu, car le dojo ne pouvait accommoder que deux ou trois élèves, en fonction de leur corpulence, en vol et en même temps sur une seule ligne. Zébri et Balloo attendirent donc patiemment leur tour avant de s’élancer avec la grâce d’une timide ballerine prépubère pour l’un et celle d’un éléphant indien expérimenté pour l’autre. Savoir léviter comme Dark Balloo était une chose, mais le faire avec l’élégance requise en était une autre…

Balloo était dans son élément.

Les techniques suivirent et il n’attendait que de pouvoir pratiquer sa préférée, un enchainement particulièrement compliqué et douloureux pour l’adversaire, ou le partenaire. Il lui avait été enseigné quelques mois auparavant lors du congrès mondial de la spécialité, qui s’était tenu au Danemark. On les avait entassés à l’occasion lui et quelques autres courageux dans un minibus et pour quatorze longues heures de route à travers le gros canton voisin, mais le voyage avait soudé leur esprit de camaraderie. Tous avaient alors rencontré à Vejle quelques-uns des grands Dark Balloos de l’organisation qui régissaient la discipline. Mais Balloo avait surtout passé du temps en compagnie d’un autre vieux maitre, canadien celui-là. Il en avait ensuite répété à longueur de temps les techniques. Devant un miroir qui aurait, dit-on, fondu depuis, car il ne manquait jamais de s’assurer qu’il était présentable quand l’occasion lui était présentée et chaque point d’eau rencontré sur son chemin était pour lui l’opportunité de parfaire sa coiffure.

Elle ne ressemblait déjà plus à grand-chose ce soir-là et la sueur abondante de la plupart témoignait de l’intensité de l’entrainement. Comme souvent, les «hauts gradés» durent ensuite prendre soin des débutants à ceinture blanche ou jaune et choisir un partenaire afin de s’exercer avec lui. Fidèle aux traditions du jiu-jitsu, maitre Alois mettait un point d’honneur à ce que le savoir et la maitrise technique fussent transmis aux jeunes générations.

D’un air le plus innocent possible, Balloo prit soin d’éviter le regard de Zébri. Il voulait garder une chance de s’entrainer avec une jolie nouvelle fraichement débarquée de son Oberland bairnois, et remarquée quelques entrainements plus tôt, mais sans jamais avoir eu l’occasion de l’aborder. L’ourson avait encore assez de mal avec le dialecte de la capitale en plus du wahalaisan. Il compta pourtant sur son charme naturel fait d’humour pas toujours fin, mais de rondeurs rassurantes pour entamer les tentatives d’approche.

Balloo s’inclina pour saluer la jeune fille. Elle fit de même. «Héhéhé, ça marche à tous les coups» se dit le plantigrade, qui bien qu’arrivant à peine plus haut que la taille de sa partenaire, ne doutait jamais de rien.

— Grüessech Balloo, dit-elle lentement, i bi de Kareen.

Il la regarda interloqué, se disant quand même qu’elle connaissait son nom, car c’était le seul mot qu’il avait compris.

— I… iii biii deux Balloo, répondit celui-ci, perdant soudain tous ses moyens malgré la couleur de sa ceinture.

L’ourson saisit cependant son courage à deux mains, mais garda de la place dans l’une pour y prendre celle de sa partenaire. La technique impliquait de s’extirper d’une «prise de revers» à l’aide d’un «atémi», coup de pied aux jambes ou de main au visage pour choquer l’adversaire suivi d’un bloc du bras, «en Z» et horriblement douloureux pour lui. Normalement, chacun des partenaires répétait le même geste trois fois avant de passer la main à l’adversaire. Il était courant pourtant de laisser les ceintures blanches et jaunes répéter durant tout l’exercice. Les hauts gradés leur servaient alors de souffre-douleurs, rôle qui seyait particulièrement bien à Balloo surtout en présence d’une jolie jeune fille. Il tenait ça de son père qui lui-même n’hésitait que rarement à rajouter quelques grincements en face d’une partenaire féminine. Bien qu’optionnel pour la technique, celle-ci se révéla singulièrement douée pour le broyage de doigts. L’ourson se retrouva vite hors service et se demanda s’il se proposerait de nouveau à Kareen comme uke avant longtemps. Quatorze techniques et bien des contusions plus tard, le cours prit bientôt fin, à son grand soulagement. Les participants s’agenouillèrent à nouveau en silencieux, exténués, pour le salut final.

— Kiritsu.

Le vieux maitre remercia les participants et tous applaudirent à l’unisson. Ses élèves s’apprêtèrent ensuite à ranger les tatamis dans un coin de la salle que les architectes du bâtiment avaient pris soin de dissimuler derrière une porte coulissante le long d’un mur. Balloo aurait lui aussi bien eu besoin d’un tel stratagème pour dissimuler son excitation. Il se décida de la cacher derrière un tapis en aidant Zébri à en porter un, non sans peine. Tous deux se dirigèrent vers la pile grandissante qu’un sanbudoka assemblait au millimètre avec la justesse qu’on prête aux Swisses. Un à un, les participants quittèrent alors la salle en la saluant une dernière fois et prirent le chemin du vestiaire. L’ourson s’attarda pourtant nonchalamment dans le dojo, ce qui ne manqua pas d’attirer l’attention du vieux maitre.

— Viens à moi, Balloo, dit celui-ci lentement, mais avec l’assurance caractérisant son autorité. Je sens en toi le désir de te confier.
— Renshi Alois, bredouilla timidement Balloo, auriez-vous un peu de temps pour moi?
— Le temps est une notion toute relative Balloo, qui n’a ni début, ni fin, ni même substance. Je suis honoré que tu aies décidé d’en prendre sur le tien, bien que nul ne le possède vraiment, pour en passer un peu avec moi.
— Euh, Renshi, j’ai pas bien compris là, il faudrait que je regarde ça sur Boogle. Mais en attendant, je voudrais vous montrer quelque chose que j’ai trouvé… Et bien voilà, c’est ça, balbutia Balloo.

Il se dirigea vers son sac de sport duquel il sortit le morceau de caquelon fossilisé aux symboles mystérieux qu’il conservait depuis dans une pochette. Il tendit le fragment à son interlocuteur en tremblant quelque peu.

— Vois cette pierre Balloo, car n’en est-elle pas une? dit le vieux maitre en saisissant le morceau tendu.

Il le porta à hauteur de ses yeux vifs et scrutateurs en forme d’amande.

— J’crois que c’était en fait surtout un caquelon dans une vie antérieure, Maitre…
— Fait lui-même de pierres, assemblées et cuites selon une recette ancestrale, pour leur donner forme et pérennité… répondit-il avec un sourire.
— Euh, alors il faut croire qu’ils se sont un peu emmêlé les pinceaux cette fois, Maitre, car le caquelon il a littéralement explosé après quelques minutes!
— Et pourtant Balloo, cette pierre existe toujours et tu me l’as apportée aujourd’hui. Pour quelle raison?
— Ben, c’est qu’elle comporte aussi des signes qui ressemblent à du chinois… Et alors j’ai pensé que peut-être éventuellement vous pourriez m’aider, euh, à traduire.
— Pourquoi souhaites-tu en connaitre la signification Balloo?
— Parce que je suis rongé par la curiosité et que mes frères se moqueront de moi si je rentre à la maison sans savoir, voilà pourquoi! admit Balloo tout penaud et d’un ton pleurnichard.
— La curiosité est le propre de l’homme… et parfois source de grand savoir. Mais la moquerie des autres n’est-elle pas le reflet de leurs propres peurs?

Le visage du petit homme sembla soudain s’assombrir en parcourant les signes du regard. Il se retourna vers son élève en lui tendant le fragment de caquelon.

— Je vois ici l’occasion pour toi de vaincre les tiennes Balloo…
— Mais Renshi, je suis qu’un ourson encore aveugle et inexpérimenté que le futur effraie! Et, et… et je comprends rien de ce qui m’arrive, je cherchais juste du miel ce soir-là!
— Hier est aux anciens, demain est au lointain, mais aujourd’hui seul t’appartient, et je te laisse révérer ce moment, car d’aucuns l’appellent le présent[1].

Agenouillé jusque-là à même le sol face à son élève, le maitre se leva enfin. Sans bruit, il prit la direction de la sortie du dojo, qu’il salua en s’inclinant lentement sur le seuil de la porte. Balloo accompagna le vieil homme du regard. Ses yeux se fixèrent un dernier instant sur les siens.

Le maitre poursuivit, d’un air grave.

— Quant aux symboles gravés sur le fragment, ils se traduisent par: «sauvez-nous».

Il quitta les lieux, laissant Balloo à ses démons.


[1] D’après une citation d’Alice Morse Earle, elle même basée sur des sources plus anciennes et extraite de son livre «Sun Dials and Roses of Yesterday», 1902.

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Héros

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Dans une Suisse alternative, une curieuse épidémie de caquelons explosifs sème la terreur dans les cantons… Quatre improbables héros joignirent leurs forces pour tenter de sauver le pays de la destruction.

Balloo

Balloo

L'ADO MAL DANS SA PEAU… et l'aîné des trois principaux héros du récit. Doué de vie et de parole comme tous les «troisième genre» de l’histoire, l'ourson se croit courageux, mais il est en proie aux incertitudes de l’adolescence et à des envies de miel patentes. Un peu tyranneau avec ses frères, il est peureux et irrespectueux, mais doté d’un humour assez tranchant. Il se retrouve embarqué malgré lui, ou peut-être pas, avec ses deux frères dans une aventure, qui, on l’espère, le fera changer un peu, et pour le meilleur... Retrouvez-le lui et ses frères sur Mamelouk! Au fait, Balloo est aussi sur Speedygram et Globterest!

Zébri

Zébri

UN ZÈBRE EN PELUCHE QUI PARLE, ET FUTUR DISC JOCKEY! ...et le cadet des trois frères. Plus posé que Balloo, mais intelligent lui aussi, il sait comment faire le lien entre son ainé et le benjamin. Féru de musique électronique, à laquelle il voudrait consacrer sa carrière plus tard, il fréquente lui aussi la même école multilingue, dans la banlieue zurichoise. Zébri aime aussi regarder les photos des starlettes légèrement vêtues dans les journaux gratuits qu’il trouve dans les transports en commun, mais saura-t-il ne pas ignorer de précieux indices au passage? Retrouvez-le lui et ses frères sur Mamelouk!

Touki (aka Touk-Touk)

Touki (aka Touk-Touk)

LE BENJAMIN… ET DONC LE PETIT DERNIER. Heureusement. Touki est le plus émotionnel des trois, mais moins grincheux que Balloo quand même. D’un look tendance rasta multicolore, l'étonnant piciforme est un peu le faire-valoir de l’aîné, car il maitrise encore mal le français, mais lui, il peut voler! Son empathie naturelle ne risquera-t-elle pas pourtant de faire sombrer les héros? Quoi qu'il en soit, c’est un compagnon d’aventure indispensable qui sait parfois faire preuve de surprenantes ressources malgré son vocabulaire encore limité. Retrouvez-le lui et ses frères sur Mamelouk!

Hans-Pierre

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EX-RISK MANAGER. ET LEUR PÈRE ACCESSOIREMENT. SI, SI, VRAIMENT! …et plutôt l'antihéros principal de toute cette histoire. Amateur de varappe, de squash et d’observation ornithologique à ses heures, il est sans occupation professionnelle depuis quelques mois, mais il a préféré ne rien dire à ses proches et la supercherie tient toujours grâce aux nombreux stratagèmes qu’il a minutieusement mis en place. À cinq années seulement du cap du demi-siècle, il est dubitatif quant à son avenir, mais la technologie dont il s’est entouré est un outil précieux, quoique surtout pour d’autres en fait

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Mani

Mani D. Bädle
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Biographie

Mani D. Bädle est né en 1969. Après une série de diplômes dont un MBA, il entame une carrière internationale dans diverses sociétés, essentiellement anglophones. Il profite de l’occasion pour voyager beaucoup, vivre à l’étranger surtout et s’imprégner comme s’inspirer des cultures qu’il croise sur son chemin.

Mani Dans La Vie

Citoyen de Zurich, mais vraiment du monde et surtout du sien, il est responsable du marketing dans une startup de type «FinTech» et laisse libre cours à sa fertile imagination l’heure de la sortie venue. Mani se prête volontiers à l’exercice de l’interview sur la plateforme culturelle Aux Arts ou sur Littérature-Romande. L’auteur est fiancé et ne désespère pas de trouver le temps de se marier un jour. Entretemps, il tient ce blogue sur lequel lui et ses personnages reviennent sur la genèse du livre et l’actualité…

Motivations

Féru d’arts martiaux, et en particulier de jiu-jitsu japonais, d’informatique et d’internet, Mani se consacre quotidiennement à l’écriture. En français comme en anglais, et il fait partie d’un club d’écrivains. Il publie lui-même ses romans, traduits en allemand par Miriam Pharo, écrivaine de science-fiction à succès outre-Rhin.

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